ETF monétaires : comment rémunérer les liquidités de son PEA et de son compte-titres ?

patrick riguet Par Le 21/08/2026 0

Dans Analyses Ichimoku

ETF monétaires, PEA et compte-titres

Des ETF dont on ne vous parle presque jamais

Comment rémunérer les liquidités d’un PEA ou d’un compte-titres sans les investir immédiatement en actions ? C’est une question que se posent de nombreux investisseurs lorsqu’ils attendent une meilleure opportunité. Sur un PEA, le compte espèces ne produit pas d’intérêts. Sur un compte-titres, certains courtiers rémunèrent le cash, mais avec des taux, des plafonds et une fiscalité très variables.

Il existe pourtant des solutions peu connues : les ETF monétaires synthétiques indexés sur le taux €STR. Dans cet article, je compare deux ETF éligibles au PEA, OBLI et OVNI, ainsi que XEON pour le compte-titres. Je les confronte au cash rémunéré chez Interactive Brokers, Trade Republic et IG, mais aussi aux obligations d’État à très court terme comme les BTF. Frais, rendement, fiscalité, spread réel et risques : voici ce qu’il faut comprendre avant de faire travailler une poche de liquidités.

C’est en effet dommage de laisser dormir une somme importante pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois. Mais il ne faut pas non plus chercher quelques dixièmes de rendement supplémentaire en prenant un risque que l’on ne comprend pas. Ces solutions ne présentent ni les mêmes frais, ni la même fiscalité, ni exactement les mêmes risques.

Avertissement important

Cet article est un retour d’expérience à vocation pédagogique. Il ne constitue ni un conseil en investissement ni une recommandation personnalisée. Une partie des recherches et des calculs a été réalisée avec l’aide d’une intelligence artificielle. Malgré les vérifications effectuées, des erreurs, omissions ou informations devenues obsolètes restent possibles. Avant toute décision, vérifiez directement les taux, les frais, la fiscalité, l’éligibilité au PEA et les mécanismes de protection auprès du courtier et de la société de gestion concernés.

Les taux et conditions cités sont ceux consultés le 21 août 2026. Ils peuvent changer rapidement.

Pourquoi la poche de liquidités est-elle rarement rémunérée dans un PEA ?

Le compte espèces associé au PEA sert à recevoir les versements, le produit des ventes et les dividendes, puis à financer de nouveaux achats. Il n’est pas rémunéré : ce principe ne dépend pas du courtier. Pour obtenir un rendement sans sortir l’argent du PEA, il faut donc acheter un support éligible au plan.

C’est précisément l’intérêt de certains ETF synthétiques donnant une exposition au taux monétaire au jour le jour. J’y reviendrai plus loin avec deux produits éligibles au PEA que j’ai moi-même achetés.

Sur un compte-titres ordinaire, la situation est différente. Certains courtiers rémunèrent directement tout ou partie du solde espèces, mais avec des taux, des plafonds et des conditions très variables.

La rémunération des liquidités sur un compte-titres, pas dans le PEA

Interactive Brokers Ireland : attention aux seuils

Interactive Brokers peut rémunérer les espèces disponibles sur un compte-titres, mais le taux affiché ne s’applique pas forcément à toute la somme.

Au moment de cette vérification, le taux maximal annoncé sur les euros était d’environ 1,696 % brut par an pour les comptes dont la valeur liquidative dépasse l’équivalent de 100 000 dollars. Mais les premiers 10 000 € ne produisent aucun intérêt. Pour un compte dont la valeur est inférieure à 100 000 dollars, le taux est réduit proportionnellement.

Prenons un exemple purement théorique avec 30 000 € de liquidités et un compte dépassant le seuil de 100 000 dollars :

  • les premiers 10 000 € ne rapportent rien ;
  • seuls 20 000 € sont rémunérés à 1,696 % ;
  • cela représente environ 339 € brut par an ;
  • après un prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, il reste environ 233 € net, soit seulement 0,78 % net rapporté aux 30 000 € initiaux. Ce calcul suppose l’application du PFU ; le contribuable peut, selon sa situation, opter globalement pour le barème progressif.

Et si la valeur totale du compte est inférieure à 100 000 dollars, le résultat est encore moins favorable. IBKR est donc intéressant pour les comptes importants, mais beaucoup moins pour une poche de liquidités modeste. Le calculateur officiel du courtier est indispensable avant de comparer.

Trade Republic : une offre plus simple, mais susceptible de changer

Trade Republic affiche actuellement une rémunération promotionnelle de 3 % brut par an pour les nouveaux clients, dans la limite de 50 000 €. La page officielle précise qu’au-delà de ce montant les liquidités bénéficient du taux de la facilité de dépôt de la Banque centrale européenne, actuellement fixé à 2,25 %. Le taux réellement appliqué aux clients existants et la durée d’une éventuelle bonification doivent être vérifiés dans l’application.

À 3 % brut, 10 000 € produiraient théoriquement 300 € par an, soit environ 206 € après le PFU de 31,4 %. À 2,25 % brut, les intérêts atteindraient 225 € brut, soit environ 154 € net. Ces estimations ne tiennent pas compte d’une éventuelle option pour le barème progressif.

C’est simple et actuellement compétitif. Mais il s’agit d’un taux commercial modifiable. Le plafond applicable et les conditions dépendent également du profil du client, de la date d’ouverture et de l’activation de l’IBAN Trade Republic. Le seul taux à retenir est donc celui effectivement affiché dans votre application.

Le compte-titres IG : une promotion sur les actifs investis, pas sur le cash

Je parle ici exclusivement du compte-titres IG permettant d’acheter réellement des actions et des ETF au comptant.

La page publique du compte-titres IG évoque des intérêts de 5 % annuel TEG. Toutefois, les conditions détaillées précisent qu’ils étaient calculés sur les actifs investis, à l’exclusion du solde en espèces, et dans la limite de 10 000 €. La période promotionnelle indiquée allait du 1er février au 31 juillet 2026. Il ne s’agissait donc pas d’une rémunération permanente des liquidités non investies.

La page commerciale restant susceptible d’être mise à jour avec retard ou de renvoyer vers une offre prolongée, il faut demander directement à IG quelles conditions s’appliquent au moment de l’ouverture du compte. Une ancienne campagne promotionnelle ne doit jamais être extrapolée.

Courtier Rémunération constatée Principale limite Fiscalité indicative
IBKR Ireland Jusqu’à environ 1,696 % brut sur les euros 0 % sur les premiers 10 000 € et taux réduit si le compte vaut moins de 100 000 $ PFU de 31,4 % en principe
Trade Republic 3 % brut promotionnel jusqu’à 50 000 € pour les nouveaux clients ; 2,25 % au-delà Taux, durée et conditions variables selon l’offre affichée PFU de 31,4 % en principe
Compte-titres IG Promotion à 5 % sur les actifs investis, pas sur le cash Plafond de 10 000 € et période promotionnelle indiquée jusqu’au 31 juillet 2026 À vérifier selon l’offre en vigueur

Les obligations d’État et les bons du Trésor : une autre possibilité

Certains investisseurs utilisent des obligations d’État à très courte échéance pour placer leur trésorerie. En France, les BTF, ou bons du Trésor à taux fixe et à intérêts précomptés, sont des titres de dette de l’État d’une durée inférieure ou égale à un an.

Lors de l’adjudication du 3 août 2026, les taux moyens pondérés publiés par l’Agence France Trésor s’établissaient autour de 2,45 % à trois mois, 2,51 % à 2,59 % à six mois et 2,74 % à douze mois. Ce sont les taux d’adjudication institutionnels : le rendement réellement accessible à un particulier sur le marché secondaire dépendra du prix proposé par son courtier, du spread, des frais et de la date d’achat.

Les avantages

  • une échéance et un remboursement au pair connus, sous réserve d’un défaut de l’État ;
  • un rendement fixé au moment de l’achat si le titre est conservé jusqu’à son échéance ;
  • un risque de taux limité lorsque l’échéance est très courte ;
  • la possibilité d’adapter l’échéance à la date à laquelle on prévoit d’utiliser l’argent.

Les inconvénients

  • les obligations et BTF ne sont pas éligibles au PEA ;
  • le prix peut baisser avant l’échéance, notamment si les taux montent ;
  • le marché secondaire et les frais du courtier peuvent réduire sensiblement le rendement pour un petit montant ;
  • il faut réinvestir à l’échéance, éventuellement à un taux moins favorable ;
  • une vente anticipée ne garantit pas de récupérer exactement la somme investie.

Une obligation détenue jusqu’à son échéance n’a donc pas le même fonctionnement qu’un ETF obligataire. Attention en particulier aux ETF d’obligations d’État à cinq, dix ou vingt ans : leur duration peut provoquer des baisses importantes lorsque les taux montent. Ce ne sont pas des substituts directs à une poche de liquidités.

À titre d’ordre de grandeur, un fonds obligataire dont la duration est proche de cinq ans peut perdre approximativement 5 % si les taux montent brutalement d’un point. Un ETF monétaire indexé sur l’€STR réagit beaucoup plus rapidement aux taux du moment et présente normalement une volatilité très inférieure.

Connaissez-vous les ETF monétaires ?

Le terme « ETF monétaire » est couramment utilisé et se comprend très bien. Pour être parfaitement précis, les produits présentés ici sont des ETF synthétiques offrant une exposition au taux monétaire au jour le jour €STR.

L’€STR, pour euro short-term rate, mesure le coût moyen des emprunts en euros au jour le jour entre grandes institutions financières. Il est calculé et publié chaque jour ouvré par la Banque centrale européenne. Lors de ma vérification, il se situait à environ 2,188 %.

Ces ETF ne prêtent pas nécessairement directement de l’argent au jour le jour. Ils détiennent un panier de titres et utilisent un swap pour échanger la performance de ce panier contre celle de l’indice €STR. On peut donc les qualifier de monétaires par leur exposition économique et de synthétiques par leur construction.

Ma sélection de trois ETF monétaires

Il ne s’agit pas d’un classement exhaustif. J’ai retenu deux ETF éligibles au PEA, OBLI et OVNI, ainsi qu’un ETF très connu destiné au compte-titres, XEON.

ETF ISIN Enveloppe Indice recherché Frais courants Rendement annuel théorique*
Amundi PEA Euro Court Terme – OBLI FR0013346681 PEA ou CTO €STR 0,25 % Environ 1,94 %
BNP Paribas Easy EUR Overnight PEA – OVNI LU3215541056 PEA ou CTO €STR 0,05 % estimé Environ 2,14 %
Xtrackers II EUR Overnight Rate Swap 1C – XEON LU0290358497 CTO seulement €STR + 0,085 % 0,10 % Environ 2,17 %

* Estimations réalisées avec un €STR de 2,188 %, avant écart de suivi, spread, frais de courtage et fiscalité personnelle. Le rendement futur diminuera ou augmentera avec l’€STR.

OBLI : davantage d’historique et de profondeur

OBLI est l’Amundi PEA Euro Court Terme UCITS ETF Acc. Il suit le Solactive €STR Overnight Total Return depuis le 17 octobre 2024 et affiche 0,25 % de frais courants.

Il faut être attentif à son historique : auparavant, ce fonds suivait un indice d’obligations d’État de la zone euro. Ses performances antérieures au 17 octobre 2024 ne correspondent donc pas à sa stratégie monétaire actuelle.

Son principal avantage face à OVNI est son ancienneté supérieure et, lors de mes observations, une meilleure profondeur du carnet d’ordres.

Graphique de l’ETF monétaire OBLI éligible au PEA réalisé sur ProRealTime Web
Graphique réalisé avec ProRealTime Web : plateforme gratuite et sans publicité. Il est possible d’ouvrir des ordres et de placer des stops et des limites directement depuis la plateforme.

OVNI : moins cher, mais beaucoup plus récent

OVNI est le BNP Paribas Easy EUR Overnight PEA UCITS ETF. Il a été lancé le 30 mars 2026 et suit lui aussi le Solactive €STR Overnight Total Return.

Ses frais courants estimés ne sont que de 0,05 %, ce qui lui donne actuellement un avantage théorique d’environ 0,20 point par an sur OBLI. En revanche, le fonds est plus récent, plus petit et son carnet d’ordres peut être moins profond.

Les 0,05 % correspondent aux frais estimés actuellement communiqués. Comme le produit est récent et bénéficie de conditions de lancement particulièrement basses, il faudra vérifier leur maintien dans le temps.

Graphique de l’ETF monétaire OVNI éligible au PEA réalisé sur ProRealTime Web
Graphique réalisé avec ProRealTime Web : plateforme gratuite et sans publicité. Il est possible d’ouvrir des ordres et de placer des stops et des limites directement depuis la plateforme.

XEON : la grande référence pour le compte-titres

XEON est le Xtrackers II EUR Overnight Rate Swap UCITS ETF 1C. Il n’est pas éligible au PEA, même lorsqu’il est acheté sur Euronext Milan. La place de cotation ne détermine pas l’éligibilité fiscale d’un ETF.

Son indice correspond à l’€STR augmenté de 0,085 point, tandis que ses frais courants sont de 0,10 %. La bonification de l’indice compense donc presque entièrement les frais : son rendement théorique se situe autour de l’€STR moins 0,015 point, avant l’écart de suivi et les coûts de négociation.

XEON est ancien, très largement capitalisé et généralement très liquide. J’en ai acheté pour environ 5 000 € sur mon compte-titres, en complément des deux ETF détenus dans mon PEA.

Avec un rendement théorique de 2,17 %, 5 000 € produiraient environ 109 € de performance brute sur un an si l’€STR restait stable. Sur un CTO, la plus-value d’un ETF capitalisant est en principe imposée lors de sa réalisation. Avec un PFU de 31,4 %, l’équivalent après impôt serait d’environ 75 €, hors spread et courtage.

Par rapport à des liquidités directement rémunérées par le courtier, un ETF capitalisant présente également un avantage fiscal de calendrier. Les intérêts du cash sont imposables au titre de l’année où ils sont perçus. Avec XEON, aucune imposition n’est due tant que les parts ne sont pas revendues : la plus-value latente peut donc continuer à capitaliser sans prélèvement fiscal annuel. L’impôt n’est pas supprimé, mais différé jusqu’à la vente.

Graphique de l’ETF monétaire XEON pour compte-titres réalisé sur ProRealTime Mobile
Graphique réalisé avec ProRealTime Mobile : plateforme gratuite et sans publicité. Il est possible d’ouvrir des ordres et de placer des stops et des limites directement depuis la plateforme.

Mon exemple réel d’achat sur le PEA

Pour tester concrètement ces produits et répartir le risque opérationnel entre deux sociétés de gestion, j’ai acheté environ 10 000 € d’OBLI et 10 000 € d’OVNI dans mon PEA. Je ne parle ici que de ces opérations, sans rapporter les montants au reste du portefeuille.

ETF Quantité Prix de revient unitaire Cours affiché après l’achat Écart constaté
OBLI 1 000 9,7817 € 9,7810 € 0,70 €, soit 0,0072 %
OVNI 1 000 10,0912 € 10,0898 € 1,40 €, soit 0,0139 %

Ces 0,70 € et 1,40 € représentent l’écart apparent entre mon prix de revient et le cours affiché juste après l’exécution. Ils ne correspondent pas forcément au seul spread : le prix de revient peut aussi intégrer le courtage et le marché a pu bouger de quelques fractions de centime.

Lorsque j’ai observé les carnets d’ordres, les fourchettes achat-vente étaient approximativement les suivantes :

  • OBLI : 9,7810 € à l’achat contre 9,7820 € à la vente, soit un spread complet d’environ 0,0102 % ou 1 € pour 1 000 parts ;
  • OVNI : 10,0898 € à l’achat contre 10,0913 € à la vente, soit environ 0,0149 % ou 1,50 € pour 1 000 parts.

Ces spreads étaient extrêmement faibles. Au rendement monétaire actuel, l’écart observé lors de mes achats serait théoriquement récupéré en quelques jours. Ce constat n’est toutefois valable que pour les conditions de marché observées ce jour-là.

Sur OVNI en particulier, le carnet était moins profond. Un ordre au marché portant sur une somme importante pourrait consommer plusieurs niveaux de prix et coûter beaucoup plus cher. J’utilise donc des ordres à cours limité, de préférence pendant les heures centrales d’ouverture des marchés européens.

Peut-on revendre seulement une partie ?

Oui. Comme pour un ETF classique, il est possible de vendre seulement une partie des parts d’OBLI, OVNI ou XEON. Cela permet de récupérer progressivement des liquidités lorsque l’on souhaite acheter une action.

Il faut néanmoins prendre en compte le délai de règlement-livraison pour retirer l’argent du compte-titres. Pour un achat de titres effectué chez le même courtier, le produit de la vente est souvent réutilisable rapidement, mais cela dépend de ses règles opérationnelles.

Tant que les taux restent positifs, peut-on éviter toute perte ?

Non. Il faudrait plutôt dire :

La valeur devrait progresser tant que la performance de l’indice reste supérieure aux frais et à l’écart de suivi.

Les seuils théoriques se situent approximativement à :

  • environ 0,25 % d’€STR pour OBLI ;
  • un seuil d’€STR d’environ 0,05 % pour OVNI : en dessous de ce niveau, ses frais actuels pourraient absorber la performance de l’indice ;
  • environ 0,015 % pour XEON, puisque le bonus de 0,085 point compense presque ses 0,10 % de frais.

Il n’est donc pas nécessaire que les taux deviennent négatifs pour qu’un ETF commence à s’éroder lentement. Par ailleurs, une hausse future des taux ne fait pas chuter brutalement ces produits comme elle pourrait le faire avec une obligation longue : leur rendement quotidien s’ajuste rapidement au nouveau niveau de l’€STR.

Quels sont les risques des ETF monétaires synthétiques ?

Le risque de contrepartie lié au swap

Le fonds détient un panier de titres et conclut un swap avec une banque. Celle-ci lui verse la performance de l’indice €STR en échange de celle du panier.

Si la banque contrepartie fait faillite, le fonds conserve normalement son panier de titres, mais il peut perdre la valeur positive du swap, subir un écart temporaire avec l’indice ou devoir trouver rapidement une nouvelle contrepartie. La réglementation UCITS limite généralement l’exposition nette à une contrepartie bancaire sur dérivés de gré à gré à 10 % de l’actif, souvent moins grâce aux réinitialisations et aux garanties. Ce plafond réglementaire n’est cependant pas une garantie absolue de capital.

Le panier de substitution

Le panier réellement détenu peut contenir des actions, des obligations, des liquidités ou d’autres titres. Pour les versions PEA, la construction doit respecter les conditions d’éligibilité du plan. En situation normale, le swap neutralise économiquement la performance de ce panier. En situation de crise extrême, sa valeur et sa liquidité redeviennent importantes.

Le risque de liquidité et de spread

La valeur liquidative peut être très stable, mais le prix de Bourse dépend toujours des acheteurs, des vendeurs et des teneurs de marché. Un ordre important, passé à une mauvaise heure ou sans limite, peut être exécuté à un prix défavorable. C’est particulièrement important sur un ETF récent comme OVNI.

Le risque d’écart de suivi et de fermeture

La performance réelle ne correspondra jamais exactement à la formule « €STR moins frais ». Il existe un écart de suivi lié au swap, aux coûts de gestion et au fonctionnement du fonds. Un ETF petit ou récent peut également être fusionné ou fermé. Dans ce cas, les porteurs récupèrent normalement la valeur liquidative, mais à une date qu’ils n’ont pas choisie.

Ce n’est pas un livret garanti

Un ETF monétaire n’est ni un Livret A, ni un dépôt bancaire garanti. Son indicateur de risque peut être classé à 1 sur 7, mais le capital reste juridiquement exposé à une perte, même si celle-ci paraît peu probable et généralement limitée dans des conditions normales.

Que se passe-t-il si le courtier fait faillite ?

Il faut distinguer la faillite du courtier de celle d’un émetteur ou d’une contrepartie du fonds. Sur un véritable compte-titres, vos actions et ETF sont normalement conservés séparément des actifs du courtier. Ils doivent donc être restitués ou transférés vers un autre établissement, même si leur valeur dépasse le plafond d’un fonds d’indemnisation.

  • Chez Interactive Brokers Ireland, les titres entièrement payés sont ségrégués. Si des actifs étaient réellement manquants, le régime irlandais ICS indemnise 90 % de la perte dans la limite de 20 000 €.
  • Sur le compte-titres IG, les titres sont également conservés sur des comptes ségrégués. Le régime allemand EdW intervient en cas d’actifs impossibles à restituer, à hauteur de 90 % de la créance et dans la limite de 20 000 €.
  • Chez Trade Republic, les titres sont la propriété du client et sont conservés auprès de dépositaires nationaux ou internationaux. En cas de faillite, ils doivent normalement être transférés vers un autre compte-titres.

Les plafonds d’indemnisation ne limitent donc pas automatiquement la valeur récupérable de vos titres. Si 100 000 € d’ETF sont bien présents chez le dépositaire, l’objectif est de transférer les 100 000 € de titres. L’indemnisation ne devient utile qu’en cas de manque exceptionnel.

Pour les espèces, la situation varie : certaines sommes sont déposées auprès de banques et peuvent bénéficier d’une garantie des dépôts jusqu’à 100 000 € par client et par banque ; d’autres peuvent être placées dans des fonds monétaires ségrégués, mais non garantis comme un dépôt bancaire. Chez IBKR Ireland, la protection communiquée repose surtout sur la ségrégation des fonds clients et sur le régime irlandais en cas de manque.

Chez Trade Republic, les liquidités peuvent être réparties entre des banques partenaires et, pour les montants plus élevés lorsque l’IBAN Trade Republic a été activé, être partiellement diversifiées dans des fonds du marché monétaire. Les sommes conservées auprès des banques partenaires relèvent de la garantie des dépôts, dans la limite de 100 000 € par client et par banque. Les sommes placées dans des fonds monétaires ne bénéficient pas de cette garantie : elles sont conservées séparément, selon une logique comparable à celle des actions et des ETF. La répartition exacte est propre à chaque compte et doit être vérifiée dans l’application.

ETF ou liquidités : qu’est-ce qui est le mieux protégé en cas de faillite ?

On pourrait être tenté d’en conclure que détenir un ETF est toujours moins risqué que conserver des liquidités chez le courtier. Ce n’est pas tout à fait exact : il faut distinguer le risque de faillite de l’intermédiaire du risque propre au placement.

En cas de faillite du courtier, des ETF correctement conservés et ségrégués peuvent être mieux protégés que des liquidités non couvertes ou dépassant un plafond de garantie. Les titres restent la propriété du client et doivent normalement être transférés vers un autre établissement, quelle que soit leur valeur. L’indemnisation n’intervient qu’en cas de titres effectivement manquants.

En revanche, face à des espèces déposées dans une banque et intégralement couvertes par la garantie des dépôts jusqu’à 100 000 € par client et par établissement, l’ETF n’est pas plus sûr pour le capital nominal. Il ajoute un risque de marché, de spread, d’écart de suivi et, pour un ETF synthétique, de contrepartie. La formulation la plus juste est donc la suivante : un ETF ségrégué peut être moins exposé à la faillite du courtier que des espèces non garanties, mais il n’est pas moins risqué dans l’absolu.

PEA ou compte-titres : la protection des titres est-elle différente ?

La logique de propriété des titres reste globalement la même. La particularité du PEA est surtout fiscale et administrative. En cas de défaillance du courtier, il faut transférer ensemble les titres, les espèces, la date d’ouverture et l’historique fiscal vers un autre PEA afin de préserver l’antériorité du plan. Cela peut prendre davantage de temps qu’un transfert de compte-titres ordinaire.

Le compte espèces d’un PEA bancaire n’est pas rémunéré, qu’il soit tenu par Trade Republic, IBKR ou un autre établissement. C’est précisément pour cette raison que des ETF éligibles comme OBLI et OVNI peuvent être utiles.

ETF monétaire, BTF ou liquidités rémunérées : comment choisir ?

Solution Atout principal Limite principale Usage naturel
Cash rémunéré par le courtier Aucun ordre à passer, disponibilité immédiate Taux commercial variable, plafonds et fiscalité CTO lorsque l’offre est réellement compétitive
ETF €STR Souplesse, vente partielle, rendement ajusté quotidiennement Swap, spread, absence de garantie PEA avec OBLI/OVNI, CTO avec XEON
BTF détenu jusqu’à l’échéance Rendement fixé à l’achat et date connue CTO seulement, accès et spread variables Somme dont on connaît la date future d’utilisation
Livret réglementé disponible Capital garanti, intérêts nets d’impôt Plafond et argent situé hors du PEA Épargne de précaution

La rémunération des liquidités ne remplace évidemment pas une gestion rigoureuse du risque. Pour la partie trading, j’explique plus en détail le calcul de la taille de position, le stop et le ratio risque/rendement dans mon article consacré au money management et à la protection du capital.

Pour ma part, la logique est simple :

  • dans le PEA, OBLI et OVNI permettent de ne pas laisser toute la poche espèces dormir ;
  • dans le compte-titres, XEON est une solution robuste lorsque le courtier ne rémunère pas suffisamment les liquidités ;
  • un BTF peut être préférable lorsque la date d’utilisation de la somme est connue et que le rendement net offert sur le marché secondaire est intéressant ;
  • je conserve malgré tout un peu d’espèces immédiatement disponibles pour éviter de devoir vendre un ETF à chaque opportunité.

Ce que je retiens

Les ETF monétaires ne sont pas spectaculaires, et c’est probablement pour cela que l’on en parle peu. Leur objectif n’est pas de battre le marché, mais de faire travailler une poche de liquidités avec une volatilité normalement très faible.

OBLI apporte davantage d’ancienneté et de profondeur. OVNI est aujourd’hui moins cher, mais beaucoup plus récent. XEON reste une référence solide et liquide pour le compte-titres. Aucun de ces produits n’est garanti, et leur rendement diminuera si la BCE baisse ses taux.

Enfin, quelques euros de frais ou de spread peuvent compter lorsque la durée de placement est très courte. Pour une somme destinée à être utilisée demain ou la semaine prochaine, conserver du cash peut rester le meilleur choix. Pour plusieurs mois, ces produits méritent au moins d’être connus et comparés.

Analyser ces ETF et aller plus loin

Les graphiques de cet article ont été réalisés avec ProRealTime Web et Mobile. La plateforme est gratuite, sans publicité et permet aussi, avec un courtier compatible, d’ouvrir des ordres et de placer directement ses stops et ses limites depuis le graphique.

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Dernière mise à jour : 21 août 2026. Vérifiez toujours les documents d’informations clés, les prospectus et les conditions tarifaires en vigueur avant d’investir.

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